«La terre nous en apprend plus long sur nous que les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle. Mais, pour l'atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot, ou une charrue. Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu'il dégage est universelle. De même l'avion, l'outil des lignes aériennes, mêle l'homme à tous les vieux problèmes.
J’ai toujours, devant les yeux, l’image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine.
Chacune signalait dans cet océan de ténèbres le miracle d’une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réféchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être, on cherchait à sonder l'espace, on s'usait en calculs sur la nébuleuse d'Andromède. Là on aimait. De loin en loin luisaient ces feux dans la campagne qui réclamaient leur nourriture. Jusqu'aux plus discrets, celui du poète, de l'instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien de fenêtres fermées, combien d'étoiles éteintes, combien d'hommes endormis...
Il faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelques-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne.»
Antoine de Saint-Exupéry
(Terre des hommes, 1971)
(Traducció al castellà:)
La tierra nos enseña más sobre nuestra propia naturaleza que todos los libros, porque se nos resiste. El hombre se descubre a sí mismo cuando ella se enfrenta a un obstáculo. Sin embargo, para superar ese obstáculo, necesita una herramienta. Necesita un cepillo de carpintero o un arado. Mientras trabaja, el labriego va arrancando poco a poco algunos secretos a la Naturaleza, y las verdades que extrae son universales. Del mismo modo el avión, la herramienta de las líneas aéreas, sumerge al hombre en todos los viejos problemas.
Tengo siempre ante mis ojos la imagen de mi primera noche de vuelo sobre Argentina, una noche sombría, en la que sólo brillaban titilantes como estrellas, las escasas luces esparcidas por el llano.
En aquel océano de tinieblas cada una de ellas señalaba el milagro de una conciencia. En aquel hogar se leía, se pensaba, se intercambiaban coincidencias. En aquel otro, quizá, se intentaba sondear el espacio. Alguien, acaso, se hallase enfrascado en cálculos sobre la nebulosa de Andrómeda. En el de más allá, de vez en cuando, aparecían aquellas luces reclamando su subsistencia. Incluso las más discretas, la del poeta, la del profesor, la del carpintero... Pero, entre aquellas estrellas vivas, ¡cuántas ventanas cerradas, cuántas estrellas apagadas, cuántos hombres dormidos...!
Debemos procurar encontrarnos. Es preciso que intentemos comunicarnos con algunas de aquellas luces que brillan separadas en el campo.
Bé, petit 'fragment inaugural' per estrenar aquest nou espai que comença en un moment de canvis. Demà al matí té lloc el primer dia d'exàmens de la selectivitat, l'inici del final d'una etapa (que ha durat la major part de la meva vida fins ara), l'inici de l'inici d'una nova etapa, precedit per un suculent estiu que s'apropa vertiginosament.
El blog neix amb l'objectiu de comunicar, comunicar-se, ser comunicat. Comunicar que vé del llatí COMMUNICARE, compartir, derivat de COMMUNIS, comú. Així doncs, feux qui brûlez de loin en loin dans la campagne, aquí teniu un espai on llegir, reflexionar, fer-se confidències, sondejar l'espai, capficar-se amb càlculs sobre la nebulosa d'Andròmeda. Un espai per estimar. Un espai pel discret, pel poeta, pel professor, pel fuster i per qualsevol altre persona.
Endavant les atxes.